dimanche 8 mars 2015

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" Revenu, petit garçon s’agite, s’agite pour fuir, et pour cacher. Le tremblement, souffle coupé, dans la fumée, un jour de printemps gris et humide, tout gonflé, tout soupiré, et tout ému, tout changé. Il tremble, il agite, tout change, tout est pour durer, tenir et assembler, fer, feu et saisons.


 




Il change une fois, une autre, tout ensemble, il est à deux genoux et cherche, une toile verte. Dessus, il est tordu sur la couche, et tout tremblant, la vie immense, le rire et le choix, il revient sur la trace et il compte au ciel les nuages. Et son cœur, dans l’herbe, le temps en est passé. 







Par le feu, tout ignorant, tout reconnaissant, au miroir retenu, enfin, un tremblement, un accord, tout tenant, longtemps, il pourrait dire, il pourrait entendre, il verrait l’azur et le sel. Au bord des mares, les fleurs jaunes et le sable craquant, tout ensemble et tout sonnant, comme une évidence.






Une sonnerie de cœur et d’espérance, l’âme aux âmes se tient, tout avance, enfant ému au tremblement, petit garçon, tout agité, il est parti vers le plus grand voyage, chargé, il se retourne, un songe, un souvenir, les mouvements vifs et les avoines folles il se retourne, et cœur serré, il a fuit."







Le jeune corps oublié, pour une peau plus vieille, il va durer. Le temps est couvert, les deux genoux en terre, il tourne et il contemple un désastre, un triomphe, une vie réparée, un poids trop lourd et une armure mal placée, il cernera toujours jusqu’au malaise, jusqu’au plus terrible, la vie déroulée. 






Dans ce corps il se gène, sans un autre mouvement, le tremblement et l’agitation, tout est à finir encore et d’une émotion à une autre, d’une faiblesse, à la chair vive, tout aurait pu. Et rien ne fut, tout d’autres est venu. Le chemin commence ici, deux genoux en terre, au tremblement de joie.






A la chose cachée, il a tout à cacher ici, et à dire ailleurs, et plus loin, sa vie, et cette chanson et ces raisons sans nom. La gloire et le triomphe, dans la fumée, dans l’air humide, un soir de printemps gris et tout agité, tout au tremblement, tout soupiré, en frissons, en larmes, la trace, le cœur.






Je suis à la trace de ce cœur. "




Texte de Michel Chalandon / Tout à la trace ...  ici