samedi 12 août 2017

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Sicut Cervus I







Comme un cerf assoiffé, comme une biche languissante, vos cœurs soupiraient après l’eau qui court. 

Avant toi, mon âme avait soif, nos larmes étaient une nourriture de jour et de nuit, tout nous disait sans cesse: où est-il, où est-elle. 

Dans le désert, tu es, je te cherche, mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, dans cette terre sans eau. 

Mon âme languit, mon cœur et ma chair poussent des cris. Mon âme soupire, mon cœur, ma chair tu me montres un fleuve d’eau claire. 

Nous allons vers ta joie, nous allons vers mon allégresse, nous nous célébrons, nous sommes deux. 

Vous vous mariez, vous vous engagez, vous vous aimez. Vos enfants, vos amis vous passent la robe de reine et de roi, et vous lient. 

Au bord de l’eau, vous voilà, jeune biche et jeune cerf.

 28 Juillet 2015.




Sicut Cervus. II







Au bord, à la dérive, et tous, le cœur ému et à plein tu respires, et toutes, les erreurs, toutes, calculées à l’avance, je viens, j’entends et je relance, la confusion est sur toute chose, oh, le grand escalier, oh, les ardoises fines, tu reviens et tu te berces, d’un orient vainqueur, on est là et on soutient, souvenons-nous du jour passé, des tuiles au toit, et de toutes, les choses si petites, du rêve et des lueurs et tout, étrangement scintille, et tout, tombe dans la pente, les amis éloignés, les buissons ardents d’un pays à un autre, les feuilles et les branches, et tout, encore bat dans l’escalier, la pente est forte, une image il ne reste, et tu tournes sous les feuillages, 



tu donnes et tu comprends, l’avenir est au ciel, les cages sont ouvertes, tu traines et tout te noie, nageur perdu et sans ressemblance, la vérité est dure, tu traines et tout te noie, tu iras de ton occident à ton orient, des champs brûlés aux heures propices, nageur absent, source des voluptés, tu prêches un avenir d’eaux claires et de joies simples, eaux assemblées, peurs détournées, toujours tu ranges et tu compliques, le propre et le sale, le doux et l’amer, un avenir en orient intime, tu pars et tu plisses, plumes tissées, genoux serrés, bouche fermée, un orient intime, pour toujours avancer et croire, une vie pour compter les erreurs, et tout calculer, 


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tout remettre, le vrai, le faux et la candeur, tu ne croyais pas que l’amour était innocent, tout se calcule et tout se compte, les erreurs, les figures, l’émoi, tout palpite et tourne d’un tour de pied, tour, d’un tour de clef, tout à l’écrou scintille, l’ardeur, les dents blanches, mûres et prunes dévorées, framboises simples et tout en eaux agitées, tout te faire et tout te dire, tout entendre et tout, les doigts aux comptes servent, un nageur abandonné, un étang desséché, tu reviens et tu es en alerte, nageur coincé, cœur habillé, tu te demandes et tu commences où donc, où donc vas-tu si vite, et si fort, tu enchantes ton avenir, jeune cerf, jeune biche, tout est à noyer, tout est à rendre, étang desséché, boue intacte, traces oubliées, tout tourne et tu nages, enfant en avance, les arbres, les rochers tout est en abondance, cœur éloigné, du soleil à l’ombre, tu vas revenir, tu vas tout dire et tu vas repartir, en avant, en avant, donne un sens à ton supplice, défais la suite, tu calcules trop et trop tu fabriques, un cœur éloigné dérive sur l’étang et sort encore, de plumes lisses, en cœurs serrés, tu vas et tu voles ne retiens plus, laisse couler, avance et vois le temps, la mer est calme, le ciel est bleu, tu souffles et ton cœur respire. 

28 Juillet 2015. 




sur un texte de Michel Chalandon : " Sicut Cervus I " ici "Sicut Cervus II" ici