" Et
le poids du soleil si pâle, et la tête, les mains tournées vers le
ciel, sans prière, sans doutes, sans rien devant, le souffle, le
souffle, il est tendu et déposé, les coudes à chaque grain, à chaque
grain, la porte ouverte et loin au loin, on tourne et on libère les
grains, un à un, les mains retournées au ciel pâle,
si
pâle, la fleur séchée, les oiseaux calmes, le vent paisible, la vague,
la vague, il se noiera, il coulera, il finira, dans le ciel même, dans
l’air et dans l’eau et sur les ondes et sur le temps, si loin posé, si
fort tenu et courbé et ployé et retenu encore sur le devant, sur les
côtés, sur la vie en avance.
Une
autre, une autre et ce que l’on voudra et ce que l’on cherchera et ce
qui est déjà trouvé, perdu, retrouvé, sans rien autour, le silence et
l’onde, l’onde et les grains, un à un, le sable et les coudes, si fort
ployé, si près tenu et serré, en palpiter, palpiter du cœur et de
l’ombre, faut-il s’y rendre.
Au
temps venu, chercher et trouver, une espérance, tout est nouveau, tout
est donné, la vague, la vague et le nez dans la saison, le paysage et la
vie avancée et il se ploie et il est tenu et fort et serré et commencé,
dans le jour pâle, les nuages étranges, les ombres claires, ils
passent, les jours.
Une vie claire, devant, il ne voit rien, il a fermé la bouche, il est tenu si fort, la vie avance, au jour, les mains saisies et ô, la vague, la vague. "
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Texte de Michel Chalandon : Et à la vague
1 commentaire:
♥♥♥
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